CYBERHARCELEMENT STATISTIQUES

*Cette liste de statistiques sur le cyberharcèlement de 2018 à 2021 est régulièrement mise à jour avec les dernières informations, chiffres et tendances.

Toutes les nouvelles technologies produisent des effets bénéfiques comme néfastes et ont des conséquences sur nos vies. Internet illustre parfaitement ce constat. Tout en connectant le monde et en démocratisant l’information, Internet a également permis aux personnes de se cacher derrière le masque de l’anonymat.

Ce « mal sans visage » qui sévit en ligne est une menace croissante pour les adolescents, notamment avec le cyberharcèlement. Malgré la récente intensification des campagnes de sensibilisation, les statistiques sur le cyberharcèlement indiquent que le problème n’est pas près de disparaître. En réalité, des études publiées récemment ont révélé que pendant la pandémie, le phénomène semble s’être aggravé.

Le cyberharcèlement dans le monde

Nous avons analysé les résultats d’une enquête internationale réalisée par Ipsos et menée auprès d’adultes de 28 pays. Elle révèle qu’un nombre croissant de parents signalent que leurs enfants ont été victimes d’une forme de cyberharcèlement.

Au total, 20 793 personnes ont été interrogées entre le 23 mars et le 6 avril 2018, des adultes âgés de 18 à 64 ans aux États-Unis et au Canada, et de 16 à 64 ans dans tous les autres pays.

La Russie et le Japon présentent des données particulièrement intéressantes. Dans ces deux pays, les parents ont exprimé des niveaux de confiance extrêmement élevés affirmant que leurs enfants n’ont pas été victimes de cyberharcèlement, quel qu’il soit.

Dans le même temps, les parents indiens sont parmi les plus nombreux à se dire convaincus que leurs enfants ont été cyberharcelés au moins une fois, un chiffre en constante augmentation entre 2011 et 2018. En Europe et sur le continent américain, il semble également que de plus en plus de parents prennent conscience des expériences négatives que vivent leurs enfants en lien avec le cyberharcèlement, ou que leurs enfants subissent de plus en plus de telles attaques en ligne.

Percentage of parents that report their child has been a victim of cyberbullying. 2011-2018 Survey Results
Country201820162011
India373232
Brazil291920
United States263415
Belgium251312
South Africa262510
Malaysia23----
Sweden232014
Canada201718
Turkey20145
Saudi Arabia191718
Australia192013
Mexico18208
Great Britain181511
China172011
Serbia16----
Germany1497
Argentina14109
Peru1413--
South Korea1398
Italy12113
Poland121812
Romania11----
Hungary10117
Spain9105
France975
Chile8----
Japan577
Russia195

Perspectives mondiales sur le cyberharcèlement

Ce tableau présente des perspectives supplémentaires et offre un aperçu des faits de cyberharcèlement à l’échelle mondiale, notamment :

  • Pourcentage de répondants sensibilisés au cyberharcèlement en tant que concept
  • Nombre de pays étudiés où il existe des lois spécifiques contre le harcèlement
  • Personnes interrogées qui pensent que les lois actuelles sont suffisantes pour traiter les cas de cyberharcèlement

Informations et statistiques sur le cyberharcèlement pour la période 2018-2021

1. 60 % des parents déclarent que leurs enfants âgés de 14 à 18 ans sont victimes de harcèlement

Les parents sont plus nombreux que jamais à signaler que leurs enfants sont victimes de harcèlement à l’école ou en ligne. Comparitech a mené une enquête auprès de plus de 1 000 parents d’enfants de 5 ans et plus.

Nous avons constaté que :

  • 47,7 % des parents d’enfants âgés de 6 à 10 ans déclarent que leurs enfants sont victimes de harcèlement
  • 56,4 % des parents d’enfants âgés de 11 à 13 ans déclarent que leurs enfants sont victimes de harcèlement
  • 59,9 % des parents d’enfants âgés de 14 à 18 ans déclarent que leurs enfants sont victimes de harcèlement
  • 54,3 % des parents d’enfants âgés de 19 ans et plus déclarent que leurs enfants sont victimes de harcèlement

Bullying statistics infographic

2. Un cinquième des faits de harcèlement sont perpétrés sur les réseaux sociaux.

Même si la grande majorité des parents ont indiqué que le harcèlement se produisait à l’école, 19,2 % ont déclaré que celui-ci se déroulait en ligne sur des sites et applications de réseaux sociaux. Par ailleurs, 11 % ont indiqué que ce harcèlement se produisait par messages texte, tandis que 7,9 % citent les jeux vidéo. Dans le même temps, 6,8 % ont déclaré que le harcèlement s’était produit sur des sites Web autres que les réseaux sociaux, tandis que 3,3 % indiquent que le harcèlement est intervenu par e-mail.

Certains parents ont même été témoins d’événements de cyberharcèlement, 10,5 % d’entre eux indiquent avoir observé des faits de cyberharcèlement par eux-mêmes

3. La pandémie et les confinements ont directement contribué à l’augmentation du cyberharcèlement

Une étude réalisée par des universitaires travaillant dans les universités de Floride et de Denver a révélé que la pandémie a eu un effet notable sur le cyberharcèlement sur Twitter. Selon cette étude, l’analyse de 454 046 tweets accessibles au public liés au cyberharcèlement a révélé une corrélation directe entre la pandémie et les incidents de cyberharcèlement.

Selon une autre étude réalisée par L1GHT, une entreprise spécialisée dans l’IA conçue pour détecter et filtrer les contenus toxiques afin de protéger les enfants, la toxicité et le cyberharcèlement en ligne sur les sites de réseaux sociaux et les applications de vidéoconférence a connu une augmentation allant jusqu’à 70 % (PDF) suite à la pandémie. Les chiffres mentionnent notamment une forte augmentation des contenus xénophobes et du harcèlement à l’encontre des Asiatiques.

L’étude a également révélé une augmentation des discours de haine chez les enfants et les adolescents, en corrélation directe avec une augmentation des infections au COVID-19 dans la population générale.

Selon Verywell et Statista, cette augmentation est en partie due au temps de loisir supplémentaire et à la présence en ligne des enfants liée à la fermeture des écoles et à l’enseignement à distance. L’étude de Statista montre que les enfants ont passé environ 20 % de temps en plus sur les réseaux sociaux en raison de la pandémie.

Des facteurs psychologiques, notamment des comportements d’autopréservation et d’autodéfense, ont également été cités (par Verywell) comme causes possibles de l’augmentation soudaine du cyberharcèlement et de la violence en ligne pendant la pandémie

4. La plupart des parents réagissent de manière proactive au cyberharcèlement de leurs enfants

Les parents peuvent réagir de manières différentes au cyberharcèlement de leurs enfants, mais il semble que la réponse la plus courante soit d’évoquer la sécurité en ligne.

Comparitech a constaté que 59,4 % des parents ont parlé à leurs enfants de la sécurité sur Internet et des bonnes pratiques à mettre en place après un cyberharcèlement. Les parents devront peut-être prendre davantage de mesures pour intervenir, car seuls 43,4 % d’entre eux ont indiqué avoir modifié le contrôle parental pour bloquer les harceleurs, 33 % seulement ont édicté de nouvelles règles d’utilisation des nouvelles technologies et 40,6 % seulement ont conservé des preuves afin de les fournir aux enquêteurs.

Très peu de parents (seulement 34,9 %) ont informé l’école de leur enfant du cyberharcèlement. Un petit nombre d’entre eux (10,4 %) ont choisi l’option radicale d’interdire l’accès à la technologie à leur enfant.

5. La plupart des adolescents ont déjà été victimes d’une forme de cyberharcèlement

Une étude de 2018 réalisée par Pew Research a révélé que la majorité des adolescents (59 %) ont été victimes d’une forme de cyberharcèlement. Une étude plus complète de 2020 montre que ce phénomène n’est pas propre aux adolescents, près de deux tiers des adultes de moins de 30 ans ont été victimes de harcèlement en ligne, 50 % d’entre eux citant la politique comme raison de l’incident.

Parmi les types de cyberharcèlement les plus courants :

  • Injures offensantes (42 %)
  • Diffusion de fausses rumeurs (32 %)
  • Réception d’images explicites non sollicitées (25 %)
  • Personne autre qu’un parent qui demande constamment ce qu’il fait ou avec qui il est (21 %)
  • Menaces physiques (16 %)
  • Partage d’images explicites sans leur consentement (7 %)
pew cyberbullying study
Source: Pew Research

De plus, une étude de 2019 du Centre de recherche sur le cyberharcèlement a révélé que 36 % des jeunes de 12 à 17 ans vivant aux États-Unis avaient été victimes de cyberharcèlement au cours des 30 derniers jours. Dans 22 % des cas, il s’agissait d’une personne qui répandait de fausses rumeurs en ligne. Toutefois, il pourrait s’agir d’un chiffre gravement minoré, puisqu’une étude menée pendant dix ans par la Florida Atlantic University auprès de 20 000 collégiens et lycéens a révélé que cette situation se produisant dans 70 % des cas

6. Les déclarations spontanées donnent des résultats mitigés

Selon le Centre de recherche sur le cyberharcèlement, qui recueille des données depuis 2007, 27,8 % des adolescents en moyenne déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement.

Les différences de nombre de victimes constatées par le Pew Research Center et le Cyberbullying Research Center sont criantes, mais présentent un problème propre aux données déclarées par les victimes de cyberharcèlement. Compte tenu de la difficulté à recueillir des données et des incohérences dans la manière dont les personnes interrogées répondent aux questions (ainsi que des différences dans la méthode et le format des questions posées), il est difficile de déterminer le nombre exact de jeunes adultes qui ont été victimes de cyberharcèlement à un moment donné de leur vie.

Le problème pourrait être significativement plus ou moins important, car les données sont parfois contradictoires

7. Les données de Google Trends révèlent une hausse des préoccupations liées au cyberharcèlement

Les données de Google Trends indiquent que le cyberharcèlement fait l’objet d’une attention sans précédent. Le volume des recherches mondiales sur le terme « cyberharcèlement » a été multiplié par trois depuis 2004 :

Les données de recherche révèlent également un modèle intéressant. Le nombre de personnes recherchant le terme « cyberharcèlement » diminue fortement pendant l’été et les vacances de Noël. Ce constat pourrait indiquer que les cyberharcèlements sont plus élevés pendant le temps scolaire et qu’ils baissent pendant les vacances.

Bien que cette tendance se soit poursuivie pendant plusieurs années, on a constaté une réduction notable des recherches pour le terme « cyberharcèlement » à l’automne 2020. Ce chiffre pourrait être dû au grand nombre de bouleversements vécus par les étudiants suite à la pandémie de COVID-19 et au passage aux cours en distanciel, mais il est difficile d’en être certain sans données complémentaires. Tout ce que nous savons, c’est que depuis cette baisse initiale, le trafic de recherche semble avoir repris son évolution habituelle

8. Le cyberharcèlement pourrait contribuer à l’augmentation des suicides chez les jeunes

Le taux de suicide chez les adolescents a connu une hausse alarmante au cours de la dernière décennie. Le Centre national des statistiques de la santé (NCHS – National Center for Health Statistics) a constaté qu’en 2020, le suicide était la deuxième cause de décès parmi les résidents américains âgés de 10 à 34 ans.

cyberbullying stats
Source: NCHS

Bien que le rapport du NCHS, publié en avril 2020, n’évoque aucune raison justifiant l’augmentation des suicides, le cyberharcèlement pourrait effectivement faire partie de l’équation. Une étude de 2018 a révélé que les jeunes adultes de moins de 25 ans qui ont été victimes de cyberharcèlement étaient deux fois plus susceptibles de se suicider ou de s’automutiler.

De plus, des recherches exposées lors de la réunion de 2017 des Pediatric Academic Societies ont révélé que le nombre d’enfants admis dans les hôpitaux pour tentative de suicide ou pour avoir exprimé des pensées suicidaires a doublé entre 2008 et 2015. Une grande partie de cette hausse est liée à une augmentation du cyberharcèlement.

De plus en plus de suicides d’adolescents sont également attribués d’une manière ou d’une autre au cyberharcèlement (1, 2, 3). Notons également que les jeunes hommes sont davantage susceptibles de se suicider que les jeunes femmes, bien que les suicides d’adolescents dans leur ensemble ont connu une hausse entre 2000 et 2017

9. Les répercussions surprenantes du harcèlement sur l’usurpation d’identité

Il semble que le harcèlement ait des effets au-delà de l’automutilation. Javelin Research constate que les enfants victimes de harcèlement sont également 9 fois plus susceptibles d’être victimes d’une fraude d’identité

cyberbullying Statistics Javelin

10. Instagram, l’un des pires réseaux sociaux en matière de cyberharcèlement

Les données de nombreuses études indiquent que les réseaux sociaux sont désormais le support privilégié pour le cyberharcèlement. D’autres médias sont toutefois encore utilisés, notamment les messages textes et les forums Internet comme Reddit. Néanmoins, il semble qu’Instagram soit la pire des plateformes pour ce genre de comportements.

Une étude réalisée en 2017 par l’organisation britannique de lutte contre le harcèlement « Ditch the Label » a révélé que 42 % des jeunes adultes interrogés ont subi des actes de cyberharcèlement sur Instagram (PDF). Ce chiffre est à comparer aux 37 % sur Facebook et 31 % sur Snapchat, mais il est surprenant de constater que seuls 9 % ont déclaré avoir été victimes de cyberharcèlement sur Twitter.

La plupart des personnes interrogées pensent également que les réseaux sociaux n’agissent pas assez pour empêcher le cyberharcèlement sur leurs plateformes. Près des trois quarts (71 %) ont déclaré qu’ils pensaient que ces sites ne faisaient pas assez pour protéger les utilisateurs des interactions négatives. Un rapport plus récent de la même organisation a révélé que le cyberharcèlement était très fluctuant, avec 27 % des victimes ayant effectué un signalement en 2020, contre 74 % l’année précédente

11. La plupart des jeunes adultes pensent que le cyberharcèlement n’est pas un comportement normal ou acceptable

Cette même enquête qui a montré qu’Instagram est propice au harcèlement chez les jeunes adultes a également révélé la perception des jeunes adultes sur l’acceptabilité du harcèlement en général.

L’enquête « Ditch the Label » a révélé que 77 % des jeunes adultes ne considèrent pas le harcèlement comme faisant simplement « partie de l’enfance ». La plupart (62 %) pensent également que les commentaires blessants en ligne sont tout aussi graves que ceux faits hors ligne. Estimant que les célébrités restent des êtres humains comme les autres, 70 % des personnes interrogées ne sont pas d’accord avec l’idée qu’il est acceptable d’envoyer des tweets désagréables à des personnalités.

Cependant, les points de vue personnels sur la façon de traiter les autres ne se traduisent pas toujours par des comportements positifs. L’hypocrisie a tendance à régner, puisque l’enquête « Ditch the Label » a également révélé que 69 % des personnes interrogées ont admis avoir déjà injurié une autre personne en ligne. Une étude a montré que les adolescents cyberharceleurs étaient plus susceptibles d’être perçus comme « populaires » par leurs pairs

12. Le cyberharcèlement également présent dans les jeux en ligne

Les réseaux sociaux sont souvent au centre de la problématique du cyberharcèlement, mais celui-ci peut se produire sur n’importe quel support, y compris via les jeux en ligne. Dans une enquête, 79 % des gamers indiquent qu’ils avaient été victimes de cyberharcèlement alors qu’ils jouaient en ligne.

Parallèlement, une enquête menée auprès de plus de 2 000 adolescents a révélé que pour plus d’un tiers d’entre eux les faits de harcèlement survenaient sur des jeux mobiles. Selon une enquête menée en 2017 par Ditch the Label auprès de plus de 2 500 jeunes adultes, 53 % d’entre eux ont déclaré être les victimes de harcèlement sur des jeux en ligne tandis que plus de 70 % estiment que le harcèlement sur les jeux en ligne devrait être plus sérieusement pris en compte. Malheureusement, l’enquête 2019 de Ditch the Label a révélé que le nombre de personnes interrogées ayant été victimes de harcèlement dans un jeu en ligne avait a atteint 76 % (bien que, de façon surprenante, ce chiffre soit tombé à 11 % seulement en 2020 ; les raisons de cette différence restent obscures, mais on peut espérer qu’elles seront expliquées par des recherches plus approfondies).

Le harcèlement sur les jeux en ligne peut dépasser les simples mots blessants et injures. Il peut également aller jusqu’à une activité dangereuse connue sous le nom de « swatting », les auteurs localisent l’adresse du domicile de la victime et contactent la police locale pour transmettre de fausses allégations relevant du droit pénal qui envoie alors une équipe du SWAT (unité d’intervention appartenant aux forces de police des États-Unis). Le « swatting » a conduit à la mort par balle de victimes innocentes, cette pratique est donc particulièrement problématique, et le plus souvent associée à la communauté des gamers

13. L’interdiction des téléphones portables à l’école n’empêche pas le cyberharcèlement

Début 2019, le Centre national des statistiques de l’éducation (NCES – National Center for Education Statistics) a publié des données montrant que les écoles où les téléphones portables étaient interdits avaient également connu un nombre plus élevé de signalements de cas de cyberharcèlement

14. Le cyberharcèlement a un impact sur les habitudes de sommeil

Une étude de 2019 a révélé que les adolescents victimes de cyberharcèlement étaient également davantage susceptibles de souffrir de problèmes de sommeil et de dépression. Ce constat a été confirmé par le rapport 2020 de Ditch the Label, dans lequel 36 % des personnes interrogées ont déclaré se sentir déprimées

15. Être en contact avec ses pairs et sa famille permet de réduire le cyberharcèlement

Une étude de 2018 a révélé que les parents veulent être impliqués afin d’aider à prévenir et résoudre les problèmes de cyberharcèlement, mais ils ne savent pas comment faire. L’étude a également montré que les adolescents pensent souvent que le cyberharcèlement est un phénomène normal et ne veulent pas que leurs parents interviennent.

D’autres recherches prouvent que nouer des liens plus forts avec ses enfants peut être un moyen efficace de prévenir le harcèlement. Une enquête en ligne menée auprès d’adolescents d’Australie du Sud âgés de 12 à 17 ans a révélé que les relations sociales contribuent de manière significative à réduire l’impact du cyberharcèlement.

Et si l’on considère qu’environ 64 % des élèves ayant déclaré avoir été victimes de cyberharcèlement ont expliqué que cela avait eu un impact négatif à la fois sur leur sentiment de sécurité et leur capacité d’apprentissage à l’école, une augmentation de la connectivité sociale pourrait donc avoir un impact significatif sur le bien-être des élèves en classe.

16. Les victimes de cyberharcèlement sont souvent des femmes et des personnes de la communauté LGTBQIA+.

Les données montrent que le cyberharcèlement est un problème particulièrement répandu chez les adolescentes et les membres de la communauté LGTBQIA+.

Les femmes sont plus exposées aux actes de cybercriminalité (sauf chez les personnes ayant été harcelées au cours des 30 derniers jours), tandis que les garçons sont plus susceptibles d’être des cyberharceleurs. On constate également une forte corrélation entre le harcèlement en personne et le harcèlement en ligne. Les chercheurs ont constaté que 83 % des élèves qui avaient été harcelés en ligne au cours des 30 derniers jours avaient également été harcelés à l’école. Par ailleurs, 69 % des élèves qui ont admis avoir harcelé d’autres personnes en ligne avaient aussi récemment harcelé d’autres personnes à l’école.

De plus en plus de recherches indiquent également que les personnes qui s’identifient comme LGBTQIA+ sont non seulement confrontées à un harcèlement plus important de visu, mais sont également plus susceptibles d’être harcelées en ligne par rapport aux personnes qui s’identifient comme hétérosexuelles. Ce type de comportement entraîne également une augmentation du taux de suicide dans certaines communautés LGBTQIA+ et peuvent entraîner une baisse du niveau scolaire.

  • Plus de 28,1 % des adolescents LGBTQIA+ ont été victimes de cyberharcèlement en 2019, contre 14,1 % de leurs camarades hétérosexuels. (Source : CDC)
  • Un grand nombre d’adolescents LGBTQIA+ (12,2 %) déclarent ne pas aller à l’école pour éviter d’être harcelés, contre 6,5 % d’adolescents hétérosexuels, ce qui se traduit au final par un niveau d’étude moins élevé. (Source : CDC)
  • Près d’un cinquième des adolescents (19,4 %) qui se déclarent « pas sûrs » de leur orientation sexuelle ont déclaré avoir été victimes de cyberharcèlement. (Source : CDC)
  • Les jeunes LGTBQIA+ noirs sont également davantage susceptibles d’être confrontés à des problèmes de santé mentale dus au cyberharcèlement et à d’autres formes de harcèlement que les jeunes LGTBQIA+ non noirs ou les jeunes qui s’identifient comme hétérosexuels. Une étude de l’American University sur les données du CDC a révélé que 56 % des jeunes noirs LGTBQIA+ risquent de souffrir de dépression. (Source : American University)
  • Un grand nombre de jeunes noirs LGBTQIA+ ont des pensées suicidaires. L’American University a constaté que 38 % d’entre eux avaient eu des pensées suicidaires au cours de l’année écoulée, un chiffre inquiétant comparé aux jeunes hétérosexuels. (Source : American University)
  • Une étude de 2018 a révélé que les jeunes LGBTQIA+ subissaient des actes de cyberharcèlement en vieillissant, ce que ne vivent pas les jeunes hétérosexuels. (Source : Computers in Human Behavior)
  • Une étude réalisée auprès de 1 031 adolescents a révélé que « l’orientation sexuelle est le seul facteur démographique à être fortement corrélé avec l’implication dans le cyberharcèlement ou à être liée à des problèmes psychologiques ». (Source : Journal of Child & Adolescent Trauma)

À lire également : Prévenir le cyberharcèlement des LGBTQIA+.

Nécessité de recherches plus larges et plus transparentes

Un thème commun est apparu au fil de nos recherches sur les différentes facettes du cyberharcèlement : un manque criant de données. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il n’existe pas de recherches sur le cyberharcèlement. Même une simple recherche dans les bases de données vous permettra d’accéder à des milliers d’articles s’intéressant au sujet sous une forme ou une autre. Cependant, la plupart des recherches sur le cyberharcèlement ont une portée limitée ou sont assez peu approfondies. Il faut également signaler que la plupart des recherches se basent sur des enquêtes, entraînant des différences significatives dans les résultats d’une enquête à l’autre.

L’étude de la Florida Atlantic University reste l’une des meilleures sources d’information à ce jour. Il convient cependant d’aller plus loin, notamment en réalisant une méta-analyse des données recueillies auprès de nombreuses autres sources. Pour le moment, les statistiques et données relatives au cyberharcèlement accessibles au public n’offrent qu’un aperçu incomplet de la situation.

Les recherches antérieures restent précieuses

Malgré l’absence de données publiques cohérentes ou facilement accessibles, une multitude de données datant d’avant 2015 peuvent encore contribuer à apporter un éclairage précieux sur la question. Les recherches et statistiques précédentes révèlent l’évolution du cyberharcèlement et permettent de réfléchir aux raisons pour lesquelles ce problème est toujours d’actualité.

Quelques données plus anciennes sur le cyberharcèlement :

  • La grande majorité des adolescents (plus de 80 %) utilisent désormais régulièrement un appareil mobile, ce qui les expose à de nouveaux risques de harcèlement. (Source : Statistiques sur le harcèlement)
  • La moitié des jeunes adultes ont été victimes de cyberharcèlement sous une forme ou une autre. 10 à 20 % supplémentaires ont déclaré en faire régulièrement l’expérience. (Source : Bullying Statistics)
  • Le cyberharcèlement et le suicide peuvent être liés. Environ 80 % des jeunes qui se suicident ont des pensées noires. Le cyberharcèlement entraîne souvent plus de pensées suicidaires que le harcèlement traditionnel. (Source : JAMA Pediatrics)
  • Près de 37 % des enfants ont été victimes de cyberharcèlement. Environ 30 % ont été victimes plus d’une fois. (Source : DoSomething.org)
  • 81 % des élèves ont déclaré qu’ils seraient plus enclins à intervenir en cas de cyberharcèlement s’ils pouvaient le faire de manière anonyme. (Source : DoSomething.org)
  • Une enquête britannique menée auprès de plus de 10 000 jeunes a révélé que 60 % d’entre eux ont déclaré avoir été témoins d’un comportement offensant en ligne à l’égard d’une autre personne. (Source : YoungMinds.org)
  • La même enquête britannique a également montré que 83 % des jeunes adultes estiment que les réseaux sociaux n’en font pas assez pour prévenir le cyberharcèlement. (Source : DoSomething.org)

Vous cherchez d’autres statistiques liées à l’utilisation d’Internet ? Jetez un coup d’œil à notre tour d’horizon des Informations et statistiques concernant l’usurpation d’identité pour la période 2017-2021, ou nos statistiques sur la cybercriminalité qui rassemblent plus de 100 informations et données chiffrées.